mais où sont passés les tritons

Haïku du Pacifique

Objets uniques gravés à la main, 2017

Cinq coquillages pêchés par les Ama autour de l’île de Kami Shima (Japon)

L’ormeau est un arbre de l’espère Ulmus minor orme champêtre dont le feuillage est à grandes feuilles caduques. C’est également une ancienne commune de Seine-et-Marne, aujourd’hui intégrée à Luminigny-Nesles-Ormeaux. L’ormeau est beaucoup de choses à la fois mais il est surtout connu comme un mollusque marin à coquille unique (et donc un coquillage) du genre haliotis.

Au fond de l’océan Pacifique, les Ama communément appelées plongeuses de perles pêchent des ormeaux mais aussi des escargots de mer, des algues, des oursins voire des homards, elles savent également lire l’âge des coquillages et raconter des histoires pleines de haïku émanant des profondeurs de la mer.

Des larmes de sirènes à l’horizon

Objet / installation unique in situ, 2017

Céramiques polies par la mer et ramassées dans l’embouchure du détroit de Messine (Sicile)

Selon Wikipedia, Les Larmes de sirène (en anglais : mermaid’s tears ou nurdles) sont : « Des granulés plastiques d’origine industrielle que l’on retrouve parfois en quantité importante dans les milieux aquatiques (fluvial, marin et côtier). Avant la naissance du plastique, ce terme désignait uniquement les petits objets arrondis, de pierre ou de verre, roulés dans les vagues ».

Dans certaines mythologies, les sirènes pleurent des perles. Celles-ci ont été ramassées en Sicile, sur la plage de Torrefaro (« la tour du phare »), à l’entrée du détroit de Messine, face aux restes pétrifiés du navire d’Homère.

Deux plongées

Deux photographies argentiques, tirages uniques, 2016

Format 30 / 40 cm

Photographies réalisées à Toba (côte Pacifique du Japon)

Pendant presque 2000 ans, les Ama, littéralement « femmes de la mer en japonais », ont plongé nues dans les eaux de la mer du Japon mais aussi dans l’océan Pacifique. Elles vivaient de leur pêche et ne rendaient de compte à personne. C’est Mikimoto un triton industriel de la perle qui leur a demandé de s’habiller en leur créant une combinaison de plongée recouverte d’un vêtement en tissu blanc. Elles portent également un voile sacré plié de façon bien précise. Avant chaque plongée, elles demandent au dragon Ryunjin, dieu de la mer, de les protéger car il contrôle les marées grâce à des joyaux magiques.

Chapitre II

Deux dessins sur papier japonais, pièces uniques, 2016

Format 33 / 24 cm

Texte en japonais extrait du Tumulte des Flots de Yukio Mishima

 » On était à la fin de la saison, quand les pots attendaient une dernière occasion de prendre des poulpes descendants ainsi qu’on appelait ceux qui fuyaient le froid de la baie d’Ise pour se réfugier dans les profondeurs du Pacifique. Pour les patrons pêcheurs de l’île, le moindre coin du fond de la mer peu profonde s’étendant vers le Pacifique était aussi familier que leur propre jardin. Le fond de la mer étant sombre, ils disaient toujours : ‘Il n’y a que les aveugles pour voir le fond de la mer’.

Le chant des sirènes

Installation sonore, pièce unique, 2017

Série de dix photographies diapositives et un enregistrement sonore en boucle de 15 minutes (documents issus d’une performance action).

Selon la tradition la plus répandue, les sirènes sont des créatures symbolisant l’âme des morts. Figurées d’abord en oiseaux dans la mythologie grecque, elles seront ensuite à partir du Moyen Âge représentées en femme à queue de poisson à travers les légendes nordiques. Leur chant ainsi que le son de leurs lyres attiraient les navigateurs qui perdaient le sens de l’orientation pour ensuite se laisser dévorer.

Du phare de Tréport jusqu’au phare de Honfleur, leur chant a retenti le temps d’une performance rendant ainsi hommage aux Anna, aux sirènes italiennes ainsi qu’à la femme poisson transgenre islandaise.

Monsieur Pois et le roi

Vidéo unique, 2017

Durée 5 minutes

Le Triton, fils de Neptune est un dieu marin de la mythologie grecque. On dit de lui qu’il est le messager des flots. La partie supérieure de son corps jusqu’aux reins est celle d’un homme, la partie inférieure celle d’un poisson à large queue. La confusion entre « Triton » comme nom propre et comme nom commun vient du fait que Triton aurait eu pour descendants les tritons. Ils étaient souvent représentés chevauchant des dauphins ou des hippocampes et avec leurs conques marines ils personnifiaient le rugissement de la mer. Cette nouvelle génération de tritons, escortant les divinités marines pouvait être de sexe masculin ou féminin.