nature morte et peinture fraîche

PEINTURE MORTE ET NATURE FRAÎCHE

Nature morte et peinture fraîche, je te chasse, je te glane ; au fond d’un placard, sur la paume de mon trottoir, mon armoire sera faite de tes miroirs.

Je recueille tes petits singes, je nourris tes fruits inanimés et collectionne tes tubes de colles. Je fais valser tes paysages délavés, caramboler tes amoureux figés et miauler tes chatons abandonnés.

On videra ton grenier de ses trophées, la poussière on en fait notre affaire. Les crânes-chandeliers deviendront des tulipes fanées, l’œil de ta dorade notre dada après la fiesta.
Ton parchemin sera sur notre chemin et les lignes de ta main telle une grappe de raisin entre corps à corps désincarné et curiosité mal placée. Les restes de ton repas virevolteront pour mieux nous éclairer, ta part de gâteau froissera nos murs de cartes postales océanes décolorées.

L’alphabet sera chaotique entre peinture accident et lexique dyslexique. Telle une Dalida pailletée on réclamera des parole, des parole, des parole mais aussi des mots altérés débordant de vanités collectionnées. Poésie des intempéries, le surréalisme contrôlera les nuages, attention aux peintres romantiques et à leurs présages.

On mangera de la charcuterie sous un ciel gris en pensant à Jésus Christ, one man artichaut, citrons antioxydants, clémentines et maréchal sans pépin, on aime le persil carotté et le concombre masqué. Œil doradé, pâte de volaille au coing, bataille de pâté en croûte picturale et poisson sans queue ni tête, notre panier sera votre vaisselier, votre parchemin déchiré tissé de nos récits retournés.

Dans un décor de fête alcoolisé, l’eau de vie va s’écouler sur le sol marbré, dans l’air sucré les plumes du dindon tourbillonneront dans ta bodega silencieusement gaga.

Mi-figue, mi-réaliste, on n’oubliera pas que l’art est notre seule religion et notre seule nourriture ; mi-melon d’eau, mi-figuratif, je n’oublierai pas que la fiction est notre seule conviction.

Chandelier stické, assiette palette, pinceau couteau, verre sans terre, serviette image, sous-main paysage ; la chair peintre et le cœur bataille, à vos ciseaux peignez, à vos pinceaux découpez, à vos mots collez. Doigts, pieds, nez, bouches sur toile sont des outils conseillés; dérapages, enfantillages et carambolages vivement recommandés.

S’il vous plaît prière de toucher, de croquer et d’emporter.

Manon&Charlotte